Pourquoi interprétons-nous souvent mal nos symptômes à la périménopause ?

Il suffit parfois d'un seul symptôme pour que notre cerveau ré-écrive toute une histoire.
Par exemple, vous vous réveillez fatiguée. Quelques heures plus tard, une pensée apparaît "Je manque sûrement de magnésium ou de fer."
Vous prenez deux kilos ce mois - ci ... "Ce sont mes hormones."
Vous oubliez un prénom.... "Je vieillis."
Nous faisons toutes cela et moi la première il y a quelques années. Notre cerveau déteste les questions sans réponse. Alors il cherche rapidement une explication. Et très souvent, la première qui lui semble logique devient la bonne. Alors vous prenez une décision temporaire comme prendre un complément ou réduire vos approts alimentaires....
Pourtant, je vous assure, le corps est rarement aussi simple.
Notre cerveau adore les raccourcis
Face à un symptôme, notre cerveau fait exactement la même chose. Il veut une explication...tout de suite, même si elle est incomplète, même si elle est parfois fausse.
C'est ce que les psychologues appellent un biais cognitif.
Nous préférons une histoire imparfaite plutôt que de l'incertitude.
Nous voyons ce que nous nous attendons à voir
Une femme de 47 ans entend parler de la périménopause. Quelques semaines plus tard… Elle dort moins bien. Son premier réflexe est souvent de penser : "Voilà, c'est hormonal."
Et elle a peut-être raison mais peut-être aussi que son sommeil s'est dégradé depuis plusieurs années ou que son niveau de stress a augmenté, qu'elle travaille davantage, qu'elle récupère moins bien....
Les hormones jouent peut-être un rôle. Elles ne racontent pas toujours toute l'histoire.
Notre cerveau adore les explications uniques. La physiologie, elle, fonctionne rarement ainsi.
Le piège du "c'est normal après 40 ans"
Je crois que cette phrase fait énormément de dégâts "C'est normal à ton âge."
Cette phrase peut être rassurante mais elle peut aussi nous empêcher de nous poser les bonnes questions.
Oui, certaines évolutions sont liées au vieillissement.
Oui, la périménopause entraîne des changements bien réels.
Mais "normal" ne signifie pas forcément "sans conséquence".
Et surtout…normal ne veut pas dire que nous ne pouvons rien comprendre de la situation et se laisser aller au gré de la situation.
Les symptômes parlent rarement seuls
C'est probablement la plus grande leçon que j'ai tirée de l'écriture de mon livre.
J'ai découvert un réseau entier bien plus complexe qu'il n'y paraît entre les hormones, le cerveau, le microbiote, le foie, les muscles et le système immunitaire. Ils dialoguent en permanence.
Lorsqu'un symptôme apparaît, il est parfois la conséquence de plusieurs conversations qui se déroulent en même temps.
Chercher un responsable unique, c'est un peu comme vouloir comprendre une pièce de théâtre en n'écoutant qu'un seul personnage.
Alors, comment mieux comprendre son corps ?
Je crois qu'il ne faut pas chercher une réponse plus rapide. Il faut apprendre à poser une meilleure question.
Au lieu de demander : "Qu'est-ce que j'ai ?" Essayons parfois de nous demander : "Pourquoi mon corps réagit-il ainsi aujourd'hui ?". Cette simple question change tout, elle ouvre la porte à la curiosité. Et la curiosité est souvent le début de la compréhension.
Le corps ne ment pas. Il ne parle pas toujours la langue que nous imaginons.
Entre ce que nous ressentons, ce que nous croyons comprendre… Il existe parfois un écart, et cet écart n'est pas une faiblesse. Il est tout à fait normal et profondément humain.C'est pourquoi, avant de chercher une solution, j'aimerais que nous retrouvions un réflexe simple.
Celui de nous arrêter quelques instants, observer, relier les points entre eux, comprendre d'où ce la peut venir parce que le premier pas vers une meilleure santé n'est peut-être pas de faire plus.
Il est parfois simplement de regarder autrement.
Et toi, comment agis-tu quand tu sens un symptôme apparaître ? Tu essaies de "gommer" ou tu essaies de comprendre?
Pour aller plus loin :



Commentaires