Et si ce n’était pas le désir qui disparaissait, mais la place qu'on lui accorde après 40 ans?
- Sophie Carrera
- 23 janv.
- 4 min de lecture
Quand la fatigue, la charge mentale et la saturation intérieure étouffent le vivant.

Il y a cette phrase qui revient souvent, dite à mi-voix, parfois avec gêne, parfois avec résignation : « Je n’ai plus vraiment de désir. »
Ce n'est pas forcément de l’amour, pas forcément l’envie de lien, mais cette sensation que quelque chose s’est éteint, ou s’est éloigné.
Très vite, les questions fusent dans la tête : comment le retrouver ? comment l'expliquer ?
Comme si le désir était un objet perdu. Comme s’il fallait le réparer, le relancer, le stimuler.
Chez beaucoup de femmes après 40 ans, la réalité est plus subtile que cela . Ce n’est pas tant le désir qui a disparu mais je crois que c'est l’espace intérieur pour l’accueillir qui s’est refermé.
Le quotidien, la fatigue chronique, la charge mentale constante, le corps sous tension, le système nerveux saturé...et j'en passe, on continue d’avancer, de gérer, de porter, de tenir. Et peu à peu, devine quoi ? Quelque chose en nous se met en veille. C'est pas une panne, c'est une protection.
On confond alors souvent absence de désir et absence de fonctionnement.
Alors qu’il s’agit bien plus souvent d’un silence du corps.
Et si, au lieu de chercher à « retrouver une libido », on commençait par regarder ce qui, en nous, n’a plus de place pour respirer ?
Pourquoi ce sujet est-il si important ?
Le désir est devenu un indicateur de normalité. On le mesure de nos jours. On le compare aux autres. On s’en inquiète quand on n'est plus dans la normalité.
Quand le désir baisse, on pense vite qu’il y a un problème quelqu'il soit hormonal, relationnel, psychologique. Parfois c'est le cas, bien sûr.
Mais très souvent, il y a surtout un épuisement global du mental, du corps, du couple.
Après 40 ans, le corps change de rythme.Le système nerveux est plus sensible au stress.La récupération est plus lente.La charge mentale, elle, est rarement plus légère.
Le désir ne naît pas dans un corps sous tension permanente. Il ne se manifeste pas dans un espace saturé ou en tension. Il ne répond pas bien à la pression, ni aux injonctions, ni aux objectifs.
Le désir a besoin de sécurité intérieure, de lenteur, de disponibilité corporelle et mentale et d’un minimum de silence intérieur.
Quand tout l’espace est occupé par « ce qu’il faut gérer », « ce qu’il faut penser », « ce qu’il faut anticiper », il ne reste souvent plus beaucoup de place pour ressentir.
Ignorer cela, c’est transformer le désir en problème à corriger. Le comprendre, c’est commencer à le voir comme un langage du corps.
En quoi consiste vraiment ce déplacement de regard ?
Il ne s’agit pas de techniques pour “relancer la libido”. Il s’agit de revenir dans le corps.
1. Du désir comme performance… au désir comme sensation
Avant d’être une envie dirigée vers quelqu’un, le désir est une sensation de vivant dans le corps, une chaleur, un frémissement, une détente qui s’installe voire même une respiration qui descend plus bas pour donner une réelle présence à soi.
Quand le corps est constamment tendu, pressé et sollicité dans nos vies actives, il se met en mode économie et c'est logique. Il garde l’énergie pour l’essentiel.
2. De “je n’ai plus envie” à “je suis saturée”
Très souvent, ce que l’on appelle “la baisse de désir” peut être en réalité :
une fatigue profonde
un trop-plein mental
un système nerveux en hypervigilance
un corps qui ne se sent plus vraiment en sécurité pour s’ouvrir
une coupure avec ses envies et ses besoins
une perte de vue de sa féminité, sa douceur, sa sensualité
Le désir n’aime pas être convoqué.Il aime être invité.
3. De la question “comment le retrouver ?” à “quelle place a-t-il ?”
C’est un basculement simple, mais puissant.
Au lieu de se demander :« Qu’est-ce qui ne va pas chez moi ? » comme on pourrait souvent avoir le réflexe.
On peut commencer par se demander : « Quelle place a mon corps, aujourd’hui, pour sentir, pour ralentir, pour s’ouvrir ? »
Parfois, le désir n’est pas absent. Il est juste en attente ...mais en attente de quoi ? En attente d'espace libre pour s'épanouir de nouveau.
Tu comprends que ce n'est plus une question de sexe, d'intimité mais c'est un angle de vue qui à mon avis change beaucoup de choses.
Ce qu’on ne te dit presque jamais c'est que le désir ne commence pas dans la relation. Il commence dans le lien que tu as à ton propre corps. Avant même de parler d’intimité à deux, il y a ce désir qui est en toi qui se traduit par "habiter sa peau, son corps", ressentir sa respiration... pour résumer cela je dirai c'est se sentir présente dans son corps.
Et maintenant, très concrètement ?
Il ne s’agit pas de “faire plus”, ce n'est pas dans les façons de faire de Menopause and co. Il s’agit de faire moins, mais plus lentement et surtout à ton propre rythme pour arriver à moins de tensions, moins de pression, moins de contrôle...
Et un peu plus de :
présence
silence intérieur
sécurité corporelle
permission de ne pas être disponible tout le temps
Le désir ne se programme pas.Il émerge petit à petit pour éclore comme le ferait une magnifique fleur.
Et il émerge plus facilement dans un corps qui se sent accueilli plutôt que sollicité.
Si aujourd’hui tu as l’impression que le désir est très loin, absent ou carrément éteint, je voudrai que tu te pose cette question sans te juger :
Ce désir est-il vraiment parti… ou n’a-t-il simplement plus de place ?
Ce déplacement de regard changera beaucoup ta façon d'envisager le désir dans ton couple mais pas que dans ton couple car le désir est en lien avec la créativité et la liberté d'être soi... mais ça c'est un autre sujet.
Dès aujourd'hui, je voudrai que tu ne cherches plus à te réparer mais à commencer à réhabiter, à reprendre possession de ton corps, de tes envies car le désir n'est pas seulement lié au couple, à l'intimité.
Le désir, pour moi est lié à la créativité, à l'expression de soi... mais ça c'est un autre sujet.
D'ailleurs le sujet du Désir fait partie d'un des piliers de mon livre (dispo sur Amazon), c'est le 11ème pilier...un pilier bonus que je t'invite à découvrir si tu parcours le Livre.


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